À la fin des années 1960, Miriam Makeba et Stokely Carmichael forment un couple emblématique mêlant culture, militantisme et panafricanisme. Réfugiés en Guinée, ils tissent des liens étroits avec Ahmed Sékou Touré et côtoient à Conakry plusieurs figures majeures des luttes africaines et afro-américaines.
« Nous voulons simplement vous remercier infiniment », a ajouté Megan Good, surtout connue pour le film Think Like a Man, qui a déclaré que c’était sa première visite en Guinée.
La cérémonie de citoyenneté était similaire à d’autres initiatives menées dans la région pour encourager les personnes d’origine africaine à revendiquer leur héritage et à investir dans le continent.
La cérémonie, organisée dans un cadre culturel privé par le ministère de la Culture, s’est tenue vendredi au sein du nouveau complexe touristique et culturel de Gbassikolo.
À cette occasion, Djiba Diakité, ministre et directeur de cabinet de la Présidence, a officiellement remis les passeports aux deux acteurs au nom du président Mamadi Doumbouya.
La Guinée n’est pas le premier pays à accorder la citoyenneté aux descendants d’esclaves. L’année dernière, la chanteuse américaine Ciara est devenue l’une des premières personnalités publiques à obtenir la citoyenneté béninoise.
Le Ghana a naturalisé 524 Afro-Américains l’année dernière, après que le président Nana Akufo-Addo les ait invités à « rentrer chez eux » en 2019, dans le cadre du 400e anniversaire de l’arrivée des premiers esclaves africains en Amérique du Nord en 1619.
Un moment historique en Guinée
La naturalisation officielle de Meagan Good et Jonathan Majors, désormais détenteurs de passeports guinéens, est un geste fort qui s’inscrit dans la continuité de l’héritage laissé par Kwame Ture, anciennement Stokely Carmichael, figure majeure de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, panafricaniste engagé et cofondateur de l’AAPRP, qui avait choisi dès 1969 de s’installer définitivement en Guinée aux côtés de son épouse d’alors, la légendaire Miriam Makeba, icône mondiale de la lutte contre l’apartheid.Â
Au-delà du symbole, l’espoir est que cette naturalisation devienne une véritable semence porteuse d’actions concrètes, notamment dans le domaine du cinéma, en favorisant la transmission de compétences, l’ouverture d’opportunités et l’émergence de talents, afin que les jeunes Guinéens puissent accéder aux scènes internationales sans renier leurs racines.
Le cinéma peut ainsi s’imposer comme un puissant trait d’union entre les peuples, les générations et les rêves, et cette initiative mérite d’être saluée comme un pas fort vers une coopération culturelle durable.
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